Plan d'épargne retraite

Le PER : déduire aujourd'hui, retirer à la retraite

Le seul placement qui fait baisser votre revenu imposable dès l'année du versement — en échange d'une épargne immobilisée jusqu'à la retraite.

Une allée bordée d'arbres aux feuilles dorées, un banc vide de profil sous la lumière d'automne.
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Le PER repose sur un échange simple : vous acceptez d'immobiliser une épargne jusqu'à la retraite, et l'État vous laisse déduire vos versements de votre revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel. En 2026, pour un salarié, ce plafond est égal à 10 % des revenus d'activité 2025 nets de frais professionnels, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, auxquels s'ajoutent les plafonds non utilisés des années précédentes.

L'avantage dépend directement de votre tranche marginale d'imposition. Un même versement de 5 000 € fait économiser 550 € à 11 %, 1 500 € à 30 %, 2 050 € à 41 % et 2 250 € à 45 % (5 000 € × taux de la tranche, si le versement ne vous fait pas changer de tranche). C'est pourquoi le PER intéresse d'abord les foyers réellement imposés — et beaucoup moins les autres.

Deux règles ont changé au 1ᵉʳ janvier 2026 : les plafonds non utilisés à partir de celui de 2026 se reportent désormais sur 5 ans (contre 3 ans auparavant), et les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.

Comment ça marche

Le mécanisme en trois temps

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Vous versez, votre revenu imposable baisse

Les versements volontaires effectués avant 70 ans sont déductibles dans la limite de votre plafond épargne retraite, indiqué sur votre avis d'imposition. Les plafonds non utilisés restent mobilisables : pendant 3 ans pour ceux de 2024 et 2025 (donc jusqu'en 2027 et 2028), pendant 5 ans pour celui de 2026 et les suivants. Les travailleurs indépendants relèvent de règles de plafond particulières.

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L'épargne travaille pendant la phase d'accumulation

Comme en assurance-vie, l'argent est investi entre fonds sécurisés et unités de compte. La gestion pilotée par horizon, proposée par défaut, sécurise progressivement à l'approche de la retraite.

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À la retraite, vous choisissez la sortie

Capital en une fois, capital fractionné, rente viagère, ou une combinaison. Ce qui a été déduit à l'entrée est imposé à la sortie : le PER décale l'impôt, il ne l'efface pas.

Ce que ça vous apporte

Un effet immédiat sur l'impôt

C'est le seul placement grand public dont l'avantage se voit dès l'avis d'imposition suivant, sans immobilier ni montage.

D'autant plus efficace que la tranche est haute

À 41 %, l'État finance quatre euros sur dix de votre effort d'épargne. Le mécanisme récompense précisément les foyers les plus imposés.

Le déblocage pour la résidence principale

L'achat de la résidence principale fait partie des cas de sortie anticipée, en plus des accidents de la vie — une souplesse que n'avaient pas les anciens contrats retraite.

Transférable

Un PER se transfère d'un établissement à un autre, et les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83) peuvent y être regroupés.

À savoir avant de se décider

Les points de vigilance

Aucun placement n'est bon pour tout le monde. Voici ce qu'il faut avoir en tête avant d'en parler à un conseiller.

  • L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage prévus par la loi (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire).
  • Ce qui est déduit à l'entrée est imposé à la sortie. L'intérêt vient de l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de votre retraite.
  • Un foyer peu ou pas imposé n'a presque rien à y gagner : mieux vaut alors ne pas déduire, ou choisir une autre enveloppe.
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements faits après 70 ans restent possibles mais ne sont plus déductibles : l'intérêt fiscal du PER se concentre avant cet âge.
  • À la sortie en capital, les gains supportent le prélèvement forfaitaire : 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) pour les intérêts perçus depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
  • Les unités de compte peuvent perdre de la valeur ; le capital n'est pas garanti hors supports sécurisés.
Est-ce pour vous

Ça correspond à votre situation si…

  • Vous payez plusieurs milliers d'euros d'impôt sur le revenu chaque année.
  • Vous avez une capacité d'épargne mensuelle régulière, même modeste.
  • Vous n'aurez pas besoin de cette somme avant la retraite.
  • Vous anticipez des revenus plus faibles une fois à la retraite qu'aujourd'hui.

Questions fréquentes

Combien puis-je verser et déduire ?

Votre plafond figure sur votre avis d'imposition, à la rubrique « plafond épargne retraite ». Pour un salarié, il vaut 10 % des revenus d'activité de l'année précédente nets de frais professionnels, entre 4 710 € et 37 680 € pour les versements de 2026, réduit de certaines cotisations retraite d'entreprise. S'y ajoutent les plafonds non utilisés des années précédentes (3 ans pour ceux de 2024 et 2025, 5 ans à partir de celui de 2026) : le total est souvent bien plus élevé qu'on ne l'imagine.

Combien économise-t-on avec un versement de 5 000 € ?

Votre tranche marginale d'imposition multipliée par 5 000 € : 0 € à 0 %, 550 € à 11 %, 1 500 € à 30 %, 2 050 € à 41 %, 2 250 € à 45 %. Le calcul suppose que le versement reste dans votre plafond et ne vous fait pas changer de tranche ; sinon, la part qui passe sous le seuil est économisée au taux inférieur. Rappel : ce qui est déduit à l'entrée sera imposé à la sortie.

Qu'est-ce qui change en 2026 ?

Trois choses. Les plafonds de déduction non utilisés à partir de celui de 2026 se reportent sur 5 ans au lieu de 3. Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Et les prélèvements sociaux sur les gains (intérêts, part de rente imposable) passent à 18,6 % pour les sommes perçues à partir de 2026.

Puis-je récupérer l'argent avant la retraite ?

Uniquement dans les cas prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, expiration des droits au chômage, surendettement, cessation d'activité après liquidation judiciaire.

Faut-il obligatoirement déduire ses versements ?

Non. On peut renoncer à la déduction à l'entrée, ce qui allège l'imposition à la sortie. C'est le bon choix pour un foyer peu imposé aujourd'hui qui le sera davantage plus tard.

PER ou assurance-vie ?

Ils ne servent pas au même besoin. L'assurance-vie garde l'argent disponible ; le PER échange cette disponibilité contre une déduction immédiate. Beaucoup de foyers ont les deux, chacun sur son rôle.

À regarder aussi

Cette page a une vocation d'information. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une offre de souscription. Les mécanismes décrits dépendent de la réglementation en vigueur et de votre situation personnelle : seul un professionnel habilité peut vous préconiser une solution après étude de votre dossier.

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